Fonds archivistique
Publié le jeudi 24 juillet 2008 à 16h18min
L’histoire de la préhistoire
En tant que première fondation exclusivement dédiée à l’archéologie préhistorique dans le monde, la Fondation Institut de paléontologie humaine conserve un fonds archivistique d’une valeur historique remarquable.
Il retrace plus d’un siècle et demi d’histoire de la préhistoire, depuis les premiers travaux de la Commission pour la topographie des Gaules (1858) jusqu’aux récents travaux de l’IPH réalisés à Fejej, en Ethiopie.
La période 1858 à 1947 y est particulièrement bien représentée : correspondances, notes, rapports, comptes-rendus, livrets, croquis de fouille...
Ces carnets de fouilles appartiennent aux principaux professeurs et correspondants de l’IPH, « pères fondateurs » de la discipline en France et en Europe :
- les abbés : Henri Breuil, Hugo Obermaier, Jean Bouyssonie, et Teilhard de Chardin,
- Les professeurs : Marcellin Boule, Jean-Pierre Verneau, Henri Vallois, Camille Arambourg, Georges Vaufrey,
- Les messieurs : Salomon Reinach, Émile Cartailhac, René de Saint-Périer, Édouard Piette...
Ils sont relatifs à de nombreux sites ou collections de référence :
- Espagne cantabrique,
- France,
- Palestine,
- Afrique du Nord,
- Chine...
Enfin, y figurent des publications propre à l’Institut de Paléontologie Humaine :
- Épreuves d’articles et de revues,
- Manuscrits,
- Correspondances...
Bison de la grotte d’Altamira (relevé H. Breuil)
Travailler sur les archives
Notons parmi les pièces maîtresses de ces archives :
Un fonds spécifique du préhistorien Émile Cartailhac consacré à la Commission pour la topographie des Gaules [1858-1890], qui a bénéficié d’une opération d’inventaire en 2004 dans le cadre d’une convention signée avec le programme européen AREA (Archives of European Achaeology) et un fonds André Glory en cours d’inventaire [1940-1966].
Une opération de valorisation de ces ressources, en particulier par la communicabilité des fonds aux chercheurs, a été entreprise. Ce travail a donné lieu à plusieurs publications :
- Hameau S., Hurel A. Les papiers Émile Cartailhac et les archives de la Commission pour la topographie des Gaules. Reprographié, Muséum national d’histoire naturelle, janvier 2005, 165 p.
- Hurel A. Cadre de classement des archives de la fondation Institut de paléontologie humaine. Reprographié, Fondation Institut de paléontologie humaine, 2002, 24 p.
- Hurel A., Vialet A., Pierre Teilhard de Chardin en Chine (1923-1940). Correspondance inédite, préface H. de Lumley, Edition MNHN.
Focus sur des archives : Les correspondances de Teilhard de Chardin
Ce livre permet de suivre en temps réel les découvertes scientifiques, qui se sont avérées fondamentales, réalisées par P. Teilhard de Chardin en Chine dans la première moitié du vingtième siècle.
C’est en 1923 que Pierre Teilhard de Chardin est envoyé en mission en Chine par Marcellin Boule, professeur de paléontologie au Muséum national d’Histoire naturelle et directeur de l’Institut de paléontologie humaine, pour prendre la tête de la première mission géologique et paléontologique française en Chine.
Jusqu’en 1940, il lui adresse 89 lettres, accompagnées de dessins et de photos, qui constituent un témoignage exceptionnel.
Les conditions exactes de la mise au jour des vestiges, dont ceux du Sinanthrope, y sont décrites de même que l’accueil que leur a réservé la communauté scientifique cosmopolite de Pékin, dont Teilhard de Chardin est une personnalité influente.
Ces lettres vont au-delà des seuls éléments liés à la préhistoire de la Chine ou à l’étude des origines de l’Homme, car ces années sont celles de formidables bouleversements politiques et sociaux en Chine dont Teilhard de Chardin va se faire le témoin.
Acteur et observateur d’une élite au sein de laquelle il est le seul Français, il assiste à l’émergence d’une génération de savants. La qualité d’écriture de Teilhard de Chardin rend cette correspondance, vivante et passionnante pour les amateurs de récits de voyages comme pour ceux qui recherchent des témoignages sur l’histoire et le climat intellectuel de la première moitié du XXe siècle.
Comment accéder à ces archives ?
Toute demande d’étude doit être motivée auprès de l’Institut de paléontologie humaine, avec :
- Un projet de recherche précis et détaillé,
- Une méthodologie précise, respectant la fragilité et l’intégrité des objets,
- Une liste des objets ou collections à consulter,
- Des dates de venues.
Tous ces éléments doivent être envoyés par mail à l’Institut de Paléontologie Humaine - Fondation Albert Ier Prince de Monaco, à l’adresse : p.leveque@fondationiph.org
Seules les archives définitives de la Fondation IPH, ayant bénéficié d’un classement, peuvent être communiquées.
Aucune photocopie ni reproduction par scanner ne peut être envoyée.