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Carnets de route en Inde

La vallée de la Narmada : une région de l’Inde méconnue livrant pourtant de nombreux vestiges préhistoriques


Il y a 20 ans, la découverte

En 1982, Arun Sonakia du Geological Survey of India de Nagpur a découvert aux bords de la Narmada, fleuve qui parcoure d’Est en Ouest l’Inde du Nord, un crâne humain fossilisé.
L’étude qu’il en a faite avec Marie-Antoinette de Lumley en France a permis de l’attribuer à un groupe d’hommes archaïques, les Homo erectus. Le matériel archéologique trouvé en association avec ce spécimen (ossements de grands mammifères et outils taillés) permet d’estimer son ancienneté à environ 500 000 ans. De ce fait, il représente le seul et le plus ancien reste d’hominidé fossile connu aujourd’hui en Inde.

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Le crâne fossile découvert sur les bords de la Narmada en vue supérieure

Aujourd’hui, de nouveaux outils

Vingt ans plus tard, une mission de l’Institut de Paléontologie Humaine, en partenariat avec les autorités compétentes en Inde (Geological Survey of India et Anthropological Survey of India) a permis de mener à bien une nouvelle étude du crâne de l’homme de la Narmada mais également de lui faire subir un scanner médical. Les données numériques du spécimen ainsi acquises ont été ramenées en France sous la forme d’un compact disque.

Dans un premier temps, il s’agira d’exploiter les informations anatomiques inédites que les données tomographiques (issues du scanner) permettent d’obtenir (accès aux structures internes du fossiles : cavité cérébrale, sinus crâniens, oreille interne…) puis, via les techniques d’imagerie tridimensionnelle, de compléter les parties manquantes du fossile par un effet miroir des parties conservées (seule la moitié droite du spécimen est préservée).

Grâce à l’étude de ces caractères anatomiques supplémentaires (internes) et du spécimen plus complet (reconstitué), une nouvelle réflexion sur la position taxinomique du crâne de l’homme de la Narmada et son rôle dans l’évolution humaine sera menée. Les technologies émergentes en paléoanthropologie nécessaires à l’aboutissement de ce projet représentent un axe de recherche récemment développé au sein de l’Institut de Paléontologie Humaine.

Des fouilles dans un pays inexploré

Dans un second temps, c’est sur le terrain qu’il faudra retourner. En effet, seule une fouille archéologique rigoureuse pourra nous permettre de mieux situer géologiquement et chronologiquement ce fossile qui s’avère être un jalon paléontologique incontournable.

Nous sommes au tout début de l’aventure scientifique étant donné qu’aucune investigation de grande ampleur n’a jamais été conduite dans cette partie du monde. La prospection que nous avons réalisée lors de la dernière mission a permis de confirmer le potentiel archéologique des rives de la Narmada.

À cette occasion et à la demande de l’Anthropological Survey of India, nous avons mis en place un ambitieux programme de collaboration scientifique franco-indienne qui a été consigné par une convention de recherche entre les deux institutions (Institut de Paléontologie Humaine et Anthropological Survey of India).

Une collaboration fructueuse

La convention de recherche engageant les deux partenaires indien et français prévoit de mobiliser une équipe comprenant de nombreux spécialistes couvrant tous les domaines de la Préhistoire (stratigraphie, sédimentologie, micromorphologie, géochronologie, palynologie, archéozoologie, paléontologie humaine…).

L’objectif est double : il s’agit à la fois d’exploiter le gisement de la Narmada de manière systématique et détaillée et de former les préhistoriens indiens à ces diverses compétences qui permettent une approche complète puisque pluridisciplinaire d’un site préhistorique.

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