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Premiers hommes de Chine : Rétrospective au Musée de l'Homme

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L’exposition « Premiers hommes de Chine » a été présentée au Musée de l’Homme (du 31 mars 2004 au 3 janvier 2005)

Les premiers protagonistes de la coopération franco-chinoise en préhistoire (Breuil au premier plan, Pei et Young en arrière plan)

Elle a été l’occasion de célébrer 90 années de coopération franco-chinoise dans les domaines de la géologie du Quaternaire et paléoanthropologie. La France, et tout particulièrement l’Institut de paléontologie humaine, entretiennent en effet avec les chercheurs chinois des liens historiques. Ce sont ces relations privilégiées qui lui permettent d’être associés, aujourd’hui encore, aux grandes découvertes effectuées sur ce continent. Ainsi, sont présentés les travaux menés, dans le cadre de la collaboration franco-chinoise sur les sites de Yunxian et de Tangshan, découverts récemment.

C’est la seconde ambition de cette manifestation que de faire le bilan des avancées scientifiques en préhistoire réalisées ces vingt dernières années en Chine. En écrivant en 1923 au Père Émile Licent par télégramme « Viens pour un an. Quand partir ? », le Père Teilhard de Chardin ne sait pas encore qu’il restera en Chine pendant plus de 17 ans…

C’est en effet, à l’initiative du Père Licent qui accumule les découvertes paléontologiques dans ce pays et à la demande du Professeur Marcellin Boule, alors Directeur de l’Institut de paléontologie humaine à Paris, que le Père Teilhard de Chardin débarque en Chine en mai 1923.

Ensemble, les deux jésuites vont parcourir le bassin du fleuve jaune sur des milliers de kilomètres, affrontant le froid ; la chaleur et les brigands. Véritables pionniers, ils ouvrent des voies jusqu’alors inexplorées et mettent au jour de nombreux vestiges préhistoriques explorant des sites qui ont donné lieu à de nombreuses recherches par la suite et sont devenus des gisements de référence.

Quelques années plus tard, le Père Teilhard de Chardin, devenu une personnalité influente de la communauté scientifique cosmopolite de Pékin, sera impliqué dans les investigations menées à Choukoutien.

Vitrines de Choukoutien : évocation du feu, colonne stratigraphique et moulages des restes humains

Onze années de fouilles systématiques réalisées avant la seconde guerre mondiale ont permis d’y mettre au jour la série de restes humains la mieux documentée et la première découverte en contexte stratigraphique. Ces découvertes organisées, révélant l’aspect archaïque de nos ancêtres, allaient soulever de nombreux débats.

De même, l’association de ces derniers, manifeste sur le terrain, avec des outils taillés et des traces de l’utilisation du feu semblait à l’époque inconcevable. L’Abbé Henri Breuil, en Chine en 1935 pour étudier le matériel, joua un grand rôle dans ces discussions qui partageaient les scientifiques. La même année, sous son égide, un jeune chercheur chinois, Pei Wen Chung, arrive à l’Institut de Paléontologie Humaine pour passer son doctorat sur les problèmes liés à la détermination de l’industrie lithique.

De retour en Chine, il maintiendra les liens scientifiques avec la France et formera une première génération de préhistoriens chinois avec lesquels le contact ne s’est jamais interrompu. Preuve de la vitalité de cette collaboration franco-chinoise, le projet de reconstitution du crâne de Yunxian constituait une partie attrayante de l’exposition. En effet, deux fossiles humains vieux de près d’un million d’années ont été mis au jour dans les années 1990 sur le site de Yunxian, au bord d’un affluent du fleuve bleu.

Ce sont les plus complets et les plus anciens spécimens découverts à ce jour en Asie continentale. Ils sont cependant particulièrement déformés. C’est pourquoi, un projet de reconstitution du crâne de Yunxian II, le moins altéré, a été mené à bien en mettant à profit les potentialités offertes par les technologies de pointe : scanner et imagerie tridimensionnelle.

Le crâne de Yunxian II reconstitué est venu compléter un registre fossile récemment enrichi par d’autres découvertes paléoanthropologiques également présentées dans l’exposition telle celle de la grotte de la Coloquinte à Tangshan, près de Nankin et celle de Hexian.

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